FLOCONS MAL ENTÊTÉS

Serge Federbusch


Christiane Chavane fait du chasse-neige !

Trois jours de chaos complet sur l’Ile de France et l’Orléanais. Ni trains, ni avions, ni autobus, ni trams, et des embouteillages dantesques. Maintenant ça gèle et de nouvelles chutes de neige sont prévues.

Comme dit Hidalgo « cépamafote s’il neige, quoi ! ».

Certes. Nous sommes en février, au cœur de l’hiver, dans l’hémisphère nord. La neige, ce n’est pas la première fois qu’elle tombe sur la région parisienne. Des chutes aussi importantes, on en voit environ tous les cinq ans et pour circuler en voiture il ne suffit pas de dire « qu’importe le flocon pourvu qu’on ait l’adresse ».

Donc puisque c’est tous les cinq ans, pas la peine de prendre des mesures, puisque c’est environ le temps d’un mandat : le politicien moyen aime faire uniquement ce qui se voit surtout si ça coûte cher, or des routes déneigées, des trains dont les aiguillages ne gèlent pas, ça ne se verrait pas parce que ce serait normal. On ne voit que ce qui n’est pas normal ou qui sert à la communication. D’ailleurs Hidalgo aurait dû occuper son gigantesque staff de communication en leur confiant des pelles pour aller déblayer les Champs Elysées, au moins ils auraient servi à quelque chose. Elle aurait même pu en faire un évènement médiatique.

Donc voilà : cinq ans, pendant lesquels on oublie le problème. En cas de non réélection c’est sur le dos du suivant qu’on mettra la faute, en cas de réélection on promettra d’y réfléchir pour la prochaine fois, si l’on est encore là.

Ma première expérience de l’incurie des pouvoirs publics face à un phénomène aussi naturel que la neige date de 1987 : je m’étais retrouvée bloquée sur la RN118 pendant 7 heures, parce qu’on avait laissé les poids lourds s’engager et que tous les uns après les autres se retrouvaient en travers de la chaussée. Cette fois- là, pas de trains non plus, parce qu’ils étaient en grève.

Depuis, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il a fallu que l’on se décide à fermer la RN118 après que les gens aient passé la nuit dans leur voiture. Il a fallu pour les mêmes raisons qu’on empêche les poids lourds de s’engager dans des pièges, mais l’information a circulé au compte-gouttes, les entreprises de transports n’étaient pas prévenues, les routiers se sont retrouvés parqués sur des bords de route.

Ce n’est pas comme si Météo France n’avait pas prévenu pourtant, on était au courant une semaine à l’avance. La DREAL, qui remplace la DDE, le savait : du coup ce sont les seuls qui sont restés au chaud ?

Quant à la SNCF on aimerait comprendre, alors qu’on passe son temps à nous chanter les louanges des transports en commun, citoyens, solidaires, écoresponsables, pourquoi c’est précisément quand on en a le plus besoin qu’ils sont en panne. Branches sur la voie ? Pour 10 cm de neige et sans vent ? La SNCF n’élague plus ? Aiguillages gelés au dépôt ? Et pas de moyen de les dégeler ? Oh ? Ou cheminots qui ne peuvent pas venir ? Ou ne veulent pas ?

On aimerait comprendre aussi pourquoi la SNCF est incapable d’avertir en temps réel les passagers afin qu’ils ne se présentent pas pour rien à la gare. Avec toutes les applications sur mobile et autres, ça ne devrait pas être si compliqué. Même à la gare, il n’y a pas d’informations.

Ne parlons pas de la RATP. Le 6 février les trams T5 et T6 étaient en rade, mais il fallait se rendre à l’arrêt de tram pour le savoir. Rien sur les correspondances du métro. Le 7 février, on annonce la mise en place de bus de substitution au T6, sauf que le bus plante les passagers au milieu de rien et sans avoir prévenu, les obligeant à faire des km à pied. Chapeau !

Que la région n’ait pas investi dans des chasse-neige peut à la rigueur se comprendre. Alors, la logique est de fermer d’avance les routes les plus vulnérables. La RN 118 est un cas d’école. La logique est aussi de saler les autres, au moins les grands axes. Il paraît qu’à 12 cm ça ne sert plus à rien, alors on se débrouille pour déneiger. En grande banlieue on doit bien trouver quelques cultivateurs qui puissent équiper un tracteur pour chasser la neige, comme cela se fait en zone rurale. Investir dans quelques lames adaptables devrait être à la portée de la région. A Paris même on devrait pouvoir équiper quelques-unes des innombrables bennes à déchets divers qui sillonnent la ville : ce que j’ai vu faire dans un village espagnol où ils ont de la neige à peu près tous les cent ans, Paris ne serait pas fichu de le faire, au moins sur les principales avenues ?

Est-il normal aussi que sur certains axes où il y avait des embouteillages déments, ce sont les automobilistes eux-mêmes qui ont organisé la circulation, les « forces de l’ordre » étant étrangement absentes ? Ah c’est vrai en temps de neige on ne peut pas verbaliser pour 1 km/h de trop.

Bref, tous les cinq ans, c’est le chaos, et cette fois je crois que les records sont emplafonnés.

Et si l’on en tirait toutes les conclusions qui s’imposent : Monsieur Pépy prendrait la porte, de même que le président de la RATP, la direction de l’équipement serait supprimée car elle ne sert à rien, le STIF disparaîtrait, et le ministre des transports démissionnerait. Voilà une piste pour Jupiter qui veut soi-disant limiter le nombre de fonctionnaires.


Commentaires (9)
1. Paul.Emic le 09/02/2018 11:09
Sauf qu'il n'y pas eu 12 centimètres tout de suite (et pas partout); à 22h00 à Orly il y avait à tout casser 3 centimètres, et encore, pourtant déjà l'Orlyval était arrêté depuis le milieu d'après midi, les bus ne circulaient plus. Un sablage et un salage sur la N7 auraient résolu tout problème à venir .
Le lendemain matin, dans l'Essonne à Savigny il y avait maximum 7 à 8 centimètres de neige, plus probablement 5. Les routes étaient dégagées dès la matinée et pourtant les bus ne roulaient pas, cependant la radio recommandait de ne pas prendre son véhicule personnel donc en clair de ne pas aller travailler.
Heureusement que les Français se servent encore beaucoup de leur véhicule personnel, sinon on verrait l'effondrement total du système en deux jours.
Tous ces notables anti voiture travaillent à la ruine du pays . C'est vrai tout le temps mais ça saute aux yeux dès la première crise .
2. Alain92 le 09/02/2018 12:53
Excellent!
Rien à redire!
Bravo pour cet article!
3. phidias le 09/02/2018 13:36
Hervé Bazin avait crée le personnage de Follecoche, Hidalgo a incarné celui de Folleconne, par sa bêtise et son entêtement à conserver ses méthodes de commissaire politique. Pauvre parisiens avec une fausse maire, incapable notoire, fonctionnaire ratée du travail, vraie planquée politique de parti véreux, cela ne fait pas honneur à leur intelligence d'avoir porté cette saleté politique au pouvoir dans leur ville.
4. Arnaud Duval le 09/02/2018 15:01
A quoi servent les 60 000 fonctionnaires et agents publics de la Ville de Paris ?

D’éminents Préfets ou Magistrats de la Cour des Comptes estimaient à 400 le nombre d’emplois fictifs ou de complaisance à la Mairie de Paris du temps de Chirac (c’est ensuite le pauvre Juppé qui a servi de « bouc émissaire », obligé de s’exiler au Canada).

Il y en a certainement plus de 10 ou 20 fois plus maintenant.

Delanoë a « créé » plus de 10 000 emplois,
Hidalgo a continué, à nos frais (et à ceux de nos enfants et petits-enfants, qui devront rembourser 6 ou 10 milliards de dettes).
Son « Cabinet particulier » est un énorme mammouth :
120 ou 130 personnes , de quoi faire fonctionner un hôpital !

Elle a créé des emplois à 5 000, 10 000 ou même 20 000 € pour recaser ses copines socialistes battues aux élections législatives. Et elle recrute des masses énormes de cloportes militants qui vont lui servir pour ses campagnes politiques, municipales et autres.

Et elle continue à acheter à tour de bras des groupes d’immeubles pour les transformer en HLM de luxe, pour y loger ses protégés, militants, fonctionnaires et invités immigrés (en chassant de Paris les familles françaises, nos enfants et petits-enfants). Et des « étudiants » en « science politique » ou en sociologie … pas des étudiantes en médecine ou élèves infirmières.

Elle aspire nos impôts … et elle aspire à l’Elysée !!!

En laissant nos hôpitaux dans la misère … et nos rues dans la souillure.
5. Nicole le 09/02/2018 18:13
D'accord avec toutes ces constations..., J'ajouterai que si ma mémoire est bonne, à Paris les gardiens d'immeuble étaient tenus de déblayer la neige devant leur immeuble (jusqu'au bord du trottoir si la largeur de celui-ci était normale ) et que le reste était déblayé par les ouvriers municipaux. Cela permettait de circuler au moins à pied dans les rues !!! quant aux voies de circulation, ce sont les courageux automobilistes qui ont à peu près ouvert la voie à leurs risques et périls...
6. Picsou le 09/02/2018 20:42
Je viens de faire deux fois (hier et ce jour) l'aller et retour Paris- Nemours par l'A6.
La circulation était beaucoup plus fluide que n'importe quel autre jour, dimanche compris !
La chaussée est humide, mais tout le monde circule normalement à 120/130.
Il est surprenant de constater que tous les camions sont bloqués et parqués sur le bord de l'autoroute, sur des kms et des kms.. alors qu'ils pourraient rouler...

7. JEJ le 10/02/2018 10:09
Aucune coordination entre les Préfectures, la SNCF/RATP et les Rectorats.
Juste hallucinant !

L'incapacité de la SNCF et de la RATP à transmettre une information fiable est délirante.
On oscille entre pas d'infos, des infos inutiles (genre attention il neige), une information diffusée plusieurs heures après l'évènement et des données contradictoires... Le meilleur étant quand les motifs d'incidents sont différents entre les canaux (annonces, écrans et internet) pour un même évènement.
8. poulbot le 10/02/2018 10:51
L'incurie des pouvoirs publiques, quelques soit le niveau au sein de la république est une fois de plus démontrer. Les intempéries était annonce depuis longtemps par météo France. Aucunes véritable mesure afin d'éviter la pagaille n'a été prise, aucunes mises en place de véhicules d'interventions pour la chaussée n'a été faite (économie, économie). le résultat nous le connaissons , des automobilistes pris aux pièges , des poids - lourds bloqué des jours mettant en difficultés des entreprises, des commerces par faute d’approvisionnements . Hier vendredi 9 Février 2018 on pouvait parfaitement rouler sur l'A4 sur une chaussée parfaitement propre, les pouvoirs publique n'ont pas trouver mieux que de bloqué les camions dés 5h du matin alors que la neige n'était attendu que vers 10h; résultat des centaines de camions bloqué alors qu'ils auraient du rouler et soit être arrivé dans les entreprises de la région parisienne ou ils auraient attendu la fin de l'alerte en sécurité et au chaud , soit avoir quitter la dite région parisienne . Ce pays est malade de sont administration .
9. Poulbot le 11/02/2018 18:35
Cette épisode neigeux démontre une nouvelle fois l'incurie des pouvoirs publique a régler rapidement et correctement ce problème . La N118 en est le parfait exemple , depuis des années a la moindre neige qui pointe sont nez la route est fermer ; le passage de la saleuse des le début puis a plusieurs reprise dans la journée aurait éviter aux personnes empruntant cette axe de ce faire prendre au piège . A la place d'acheter du matériel polyvalent permettant de faire chasse neige le cas échéant, les pouvoirs publique préfère les rond points , les larges trottoirs . On bloque les camions alors qu'ils peuvent encore rouler soit pour arriver chez leur client et y attendre la fin de l'épisode neigeux ou quitter rapidement la région parisienne . Si l'épisode neigeux avait durée encore deux a trois jours voir plus la population aurait du ce serrer la ceinture , car même les camions alimentaires étaient bloqué , des camions transportant du sel de déneigements ont eux aussi été bloqué ......
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