Si Hollande en avait on l’appellerait Monsieur le Président

Serge Federbusch




Une tribune de Serge Federbusch pour FigaroVox


Le président empêché règle ses comptes et toute la presse se gausse : François Hollande voit des responsables à son échec politique partout sans jamais s’interroger sur ses propres erreurs. Les frondeurs et Macron en prennent notamment pour leur grade au terme de rabâchages peu convaincants.

Remontons le temps.

Ce n’est pas tant Macron qui fit obstacle à François Hollande que Manuel Valls, quand il décida de franchir le Rubicon parisien qui sépare Matignon de l’Elysée et qu’on appelle la Seine. Le fait que François Hollande ait accepté l’idée de concourir à des « primaires » à gauche fut la cause directe de tous ses déboires : le ridicule de devoir affronter son Premier ministre lors de cette phase de qualification était de nature à refroidir plus vaillant que lui.

Et c’est précisément de vaillance dont Hollande manqua le plus. Il lui fallait forcer à nouveau le destin, affronter les moqueries, se séparer de tous ceux qui le menaçaient dans son gouvernement, au sein ou autour du parti socialiste et assumer le risque de la déflagration.

Il fallait également qu’Hollande écarte son entourage, notamment la camarilla d’énarques, au premier rang desquels figurait son vieil ami et secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet, qui lui dirent et redirent qu’il était cuit. Ils surent le convaincre qu’il devait céder la place au modèle dernier cri mis en rayon par l’oligarchie : Macron, le chouchou des patrons du CAC 40 et de la presse.

Hollande leur céda et Jouyet fut rapidement remercié par Macron qui lui accorda le beau poste d’ambassadeur à Londres. En fait de pré-retraite, beaucoup s’en satisferaient.

Il est probable que François Hollande a regretté son discours de renoncement dans les jours mêmes qui ont suivi sa lugubre intervention de décembre 2016.

Comme pour accentuer les remords de l’ancien président, peu de temps après éclatait le « Penelopegate », minable histoire de petits profits où François Fillon fut déchiré par une meute qui n’avait besoin que d’aboiements pour se regrouper. Le révélation opportune et tardive de ces tripatouillages relève certes d’une forme de complot. Pourquoi les arrangements douteux de Fillon avec sa famille n’avaient-ils pas été révélés auparavant ? Fillon devint la balle d’un jeu de ping-pong entre la presse et le Parquet national financier. On imagine François Hollande se désolant de ne pouvoir bénéficier des convulsions du candidat de la droite.

C’est donc de cran et d’opiniâtreté dont Hollande manqua le plus. Comme jadis, quand sa quasi ex-compagne, Ségolène Royal, lui brûla la politesse pour se déclarer candidate à l’élection de 2007. Ou comme en 2005, quand Laurent Fabius bafoua son autorité de premier secrétaire du PS au moment du referendum européen. 2017 retissa ces vieux fils, montrant que 2012 n’avait été qu’un accident de l’Histoire et François Hollande un président de circonstance.

On comprend du reste qu’en fait de concours de circonstances l’élection d’Emmanuel Macron, indépendamment des soutiens ploutocratiques qui l’ont fait roi, est de nature à achever de donner des regrets à François Hollande. Il peut légitimement se dire qu’avec un tout petit peu plus de détermination, la chance lui aurait peut-être souri une deuxième fois. Comme il est dur de n’avoir pas su croire en soi-même jusqu’au bout !

Reste le débat sur le bilan de son mandat de président dont François Hollande tente de nous convaincre qu’il a été mésestimé. C’est là, plus encore que dans la narration des intrigues et trahisons réelles ou supposées de ses ministres et dignitaires, que François Hollande est le moins convaincant.


Son choix principal a en réalité consisté à attendre que la reprise mondiale, qualifiée d’alignement des planètes, redonne à la France un peu de grain à moudre. En attendant, François Hollande se borna à ponctionner fiscalement et socialement ceux qui n’avaient pas voté pour lui, singulièrement les familles nombreuses de la classe moyenne. Mais la reprise fut trop molle et trop tardive, du fait d’une surévaluation persistante de l’euro et des pesanteurs de la dépense publique.

C’est donc une absence à peu près complète de courage réformateur qui caractérise son bilan. Et elle est bien dans la logique de sa défaillance personnelle quand il s’est agi d’assumer ses choix.

François Hollande peut vraiment se mordre les doigts en constatant, furieux, que son successeur ne fait guère mieux que lui : il multiplie les réformettes et espère que les planètes ne se « désaligneront » pas. Mais les mêmes causes produisent les mêmes effets. Que François Hollande prenne donc son mal en patience ; dans quelque temps Emmanuel Macron lui ressemblera comme deux gouttes d’eau. Jamais Brutus ne survit longtemps à César, toutes proportions historiques gardées s'entend.


Commentaires (6)
1. der garnement le 16/04/2018 21:11
Cet arrogant freluquet de EM, plus dur sera la chute pour lui ...car parti comme il est parti - interview du dimanche 15 avril - il va foutre le feu aux poudres😒...et ça va finir par lui péter a la tronche de premier de la classe 😏 !
2. aurel le 16/04/2018 22:19
EM roule des mécaniques en bombardant inutilement la Syrie, pendant qu'à Toulouse une islamiste en burqa déclenche une émeute violente, qu'à Carcassonne la téci se félicite de l'action du djihadiste, que des facs sont occupées illégalement et qu'un territoire prés de Nantes est en sécession... à y regarder de plus prés partout la sécession s'installe lentement, au lieu de se mêler de la guerre civile Syrienne, il va falloir qu' EM se penche un peu sérieusement sur le sort de la France, car il n'aura pas les fidèles soutiens de Assad derrière lui le moment venu (sans parler de Poutine)...
3. blum le 16/04/2018 23:07
Pourquoi ce retour sur un personnage aussi insignifiant, Serge?
Il est oublié.
Son successeur --- qui fut son ministre--- n'est pas meilleur que lui.
Tous deux ont un art consommé de racketter les Français, d'encombrer
les médias qui sont d'une servilité inouïe; de creuser la dette du pays,
en le rabaissant, sur la scène internationale; et d'essayer de briller,
par procuration, en faisant intervenir notre armée dans des opérations
hasardeuses: même les chefs miitaires émettent des doutes quant aux
finalités politiques des opex...
Celles-ci n'auraient de sens que si elles étaient accompagnées de solides
actions contre les zones nombreuses de charia en France, autrement dit,
contre les clentèles dont ils achètent , à grands frais ( hausse tueuse de la
CSG des retraités) les voix.
4. Perrin le 17/04/2018 06:51
Mais pourquoi donc continuer à parler de cette triste nullité prêtentieuse et aigrie qui nous a servi de président pendant 5 ans ? Il y a tellement d''autres sujets plus intéressants et plus importants pour l''avenir.
5. Perrin le 17/04/2018 08:13
Oublions-le tout simplement.
6. Challier le 17/04/2018 13:47
Non, il faut continuer de déconsidérer le cochon PLATON et son fils spirituel le GORET qui nous saigne encore et toujours.
Ce grand Mamamouchi a l'air toujours con, comme avant.
Pour promouvoir paris 20/20, aux chiottes les racketteurs !
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